Au temps du manoir
Quand Denise de Lagny, fille d'un conseiller du parlement, épouse en 1412 Jean Ier Spifame, elle apporte en dot le fief de Pontault et le place sous le blason altier, aigle d'argent sur champ de gueules, qu'arboraient les banquiers lucquois qui avaient soutenu de leurs écus le trône des trois premiers rois Valois.
Pendant un siècle et demi le principal attrait du domaine réside, pour ceux qui le possèdent des familiers du roi dans les droits seigneuriaux, dans les produits du sol et dans les "fruits des cerisiers, des noyers et des vignes".
Lorsqu'en 1538, le fief entre en bourgeoisie, les propriétaires se montrent plus proches de leur domaine, veillant à l'accroître, y résidant périodiquement dans les salles hautes de la maison dont le bas est occupé par le fermier.
Au temps du château
Louis XIII
L'oncle de Colbert, Henri Martin Pussort, achète, en 1631, le fief de Pontault et l'organise.
Entre cour et jardin, il fait élever un château à la mode du temps: corps de logis simple à un étage avec combles entre deux pavillons carrés, doubles, élevés à deux étages et faisant saillie sur la cour.
Le parc est aménagé en fonction de deux allées de tilleuls partant du pavillon sud.
L'une de 80 arbres, conduit à une terrasse dominant les champs de la plaine et sépare
le "jardin fleuriste" et les bosquets d'ormes et de charmes qui font suite, du verger
de haute tige et des carrés du potager. L'autre allée, de 70 tilleuls, se dirige
vers le sud et borde un bois de haute-
Ce cadre abrite au XVIIIème siècle les familles des trois chevaliers de Margeret et celle du comte de Soyecourt avant d'offrir, au comte Pajol, une halte entre deux missions militaires ou diplomatiques.
Au temps de la Villa Italienne
En 1845, une jolie dame anglaise, Charlotte Georgina Harriet Smyte, vient d'épouser Edmond Nompar de Gaumont futur duc de la force et futur maire de Créteil, rachète la propriété.
Passionnée de fleurs autant que de musique, la duchesse redessine le parc à la mode de son pays. Les massifs à la française font place à des pelouses aux formes arrondies parsemées de fleurs et de bosquets.
L'allée des 70 Tilleuls est conservée, le bois est respecté, des arbres de haute tige sont plantés en bordure de propriété.
Le château Louis XIII est remplacé, à partir de 1864 par une villa à loggias, à la
faveur, peut-
Vaste et claire, la nouvelle maison, construite sur charpentes métalliques, comporte
quatre pièces principales à chacun de ses deux étages au dessus d'un rez-
Les derniers propriétaires de la villa
Après le décès de Georgina, ses fils cèdent la propriété en 1869,
à l'archevêque de Paris, Mgr Darboy, qui n'y vient guère,
mais laisse ses armes et sa devise au dessus du portail d'entrée
ainsi que la statue de la vierge sur la pelouse.
A partir de 1879, la propriété est occupée par Pierre Darquié,
commerçant à Paris, puis en 1887
par Jean Benoît Godefroi Combes, négociant.
C'est en 1908 que Docteur François Dupeyroux,
installe ses laboratoires dans les dépendances
pour la fabrication de ses fameuses pastilles digestives.
Il y restera jusqu'en 1958.
La propriété fut vendu par la suite au domaine. (ministère de l'équipement)
En 1961, la ville prend l'entretien et procède
à la remise en état du jardin laissé à l'abandon.
Le parc ouvre partiellement au public en 1965.
En 1967 la préfecture naissante investit la villa,
et devient propriétaire en 1974.
Le parc ouvre totalement au public en 1969,
l'entrée du public se faisant par le portail d'honneur.
C'est en 1972 que l'entrée public actuelle fût créé.
D'après les recherches
des Amis de Créteil
MADELEINE JURGENS
Conservateur honoraire aux archives nationales
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